Le miel de la Likouala
La Likouala est un département du Nord-Est du
Congo-Brazzaville dont la capitale est la ville d’Impfondo. C’est aussi une
région forestière qui est réputée pour son miel
sauvage dont la bonne qualité est reconnue dans le pays tout entier et hors
de ses frontières. Et pour cause, il s’agit d’un miel qui se présente sous
plusieurs textures selon le temps d’il fait. Quand il fait chaud, c’est un miel
lisse et clair qui est donné à voir et à gouter. En revanche, il prend
plutôt la forme d’une crème de marrons
dès que le temps subit un certain rafraîchissement. Il est aussi parfumé et corsé, dénotant ainsi d’une saveur complexe, même si certains
peuvent y reconnaître le goût du pruneau.
Aujourd’hui, on trouve ce miel si particulier dans les boutiques bio et dans
les magasins du distributeur Casino à Brazzaville et à Pointe-Noire. Miel Factory, à Paris, le vend de façon
occasionnelle et en édition limitée.
Bien des années avant 2010, le miel de la Likouala
était cueilli sur des hauts arbres et des arbres abattus par les Pygmées de la
région, ce de façon traditionnelle : incantations, libations, abattage et
enfumage des arbres porteurs de colonies d’abeilles ! Par voie de
conséquence, des résultats plus ou moins catastrophiques au bout du compte
: destruction de la forêt, fuite des abeilles vers d’autres arbres plus hauts
et plus à l’abri de la déprédation humaine, éloignement des colonies d’abeilles
des campements des nomades de la forêt. Les Pygmées Aka étaient ainsi obligés de s’enfoncer dans la forêt profonde pour
dénicher, chaque année, de nouvelles colonies d’abeilles exploitables selon leurs besoins de consommation et
d’échanges avec les Bantous.
Or, depuis les années 2010, on assiste au Congo-Brazzaville à une certaine explosion de la demande pour le miel particulier de la Likouala. Un miel dont la production doit beaucoup à la particularité de l’abeille qui y est prédominante[E1] : l’apis melifera adansoni. Cette abeille colonise des arbres pouvant s’élever jusqu’à trente mètres au-dessus du sol. Et, le grand intérêt économique et la curiosité gustative que son miel suscite depuis un bon moment justifient que, depuis 2017, on assiste, au Congo-Brazzaville, à la mise en place effective d’une apiculture durable et respectueuse des abeilles et de leur écosystème. C’est ainsi que, de 2017 à 2022, la région de la Likouala a été le théâtre de l’expérimentation du projet Apiflordev. Ce projet, financé par l’Ordre de Malte à hauteur de 33 000 €, poursuivait quatre objectifs de développement durable :
- promouvoir « une croissance inclusive et durable à travers le mise en place de l’apiculture comme activité génératrice de revenus, autour de la production responsable et durable » ;- commercialiser le miel et les produits dérivés de la ruche ;
- favoriser dans la région « l’apprentissage des techniques écologiques responsables pour la récolte du miel » ;
- encourager l’apprentissage aussi des « techniques de conditionnement facilitant la vente des produits de la ruche ».
On observe aussi que jusqu’en 2015, il n’existait pas
dans la Likouala une « apiculture en tant qu’élevage d’abeilles en ruches
en vue de produire du miel » aussi bien chez les Pygmées que chez les
Bantous. Il y a la réalité d’une base de production naturelle du miel sauvage
dans la grande forêt de la Likouala qui s’imposait de façon rédhibitoire. Or
cette forêt abrite à suffisance plusieurs colonies d’abeilles qui peuvent encore
« être capturées et enruchées », et dont les récoltes de miel frisent
l’abondance, année après année. Pour les Pygmées Aka, en tout cas, l’exploitation du miel sauvage de la Likouala
constitue une opportunité décisive à saisir et une occasion pour pouvoir
« valoriser leur savoir-faire sur le monde des abeilles qu’ils connaissent
très bien ». Aussi, avoir leurs propres ruches pour vendre ou échanger
leur miel contre d’autres biens de consommation courante constitue une
évolution tangible vers la conquête de leur autonomie économique et sociale.
Enfin, le miel demeure « un aliment de santé important et un produit à
forte valeur ajoutée recherché jusqu’à Brazzaville » et à Pointe-Noire,
les deux plus grandes villes du Congo.
Il reste que les acteurs de terrain plaident de plus en plus pour la modernisation des exploitations dans le secteur du miel. Presque chaque année, des campagnes de sensibilisation sont menées auprès des populations et des exploitants informels. Mais, ces derniers brillent par leur inorganisation et par la pratique illicite du trafic du miel avec des revendeurs venus du Cameroun, de Centrafrique, de la RDC et des villes congolaises. Ainsi, une grande partie de la production échappe au contrôle des autorités : seulement 4 tonnes de miel sont enregistrées par an depuis lors ! La modernisation est d’autant plus vitale qu’il s’agit bien de protéger les abeilles de la cueillette sauvage, de préserver les arbres colonisés par les abeilles et de lutter contre le commerce illicite du miel. Le Gouvernement congolais a créé un Centre de Valorisation des Produits Forestiers non-Ligneux (CVPFL), lequel, avec l’aide de la Banque mondiale d’un montant de 400 millions de F CFA, a formé 8 000 personnes – des hommes et des femmes – à la pratique de l’apiculture, notamment dans les départements du Kouilou, de la Cuvette, du Niari, de la Likouala, du Pool et de la Sangha. Rien que dans la Likouala, on dénombrait 10 000 ruches fin 2020. Depuis lors, l’espoir existe puisque l’on remarque déjà sur le terrain, une « timide prise de conscience » de la part des exploitants du miel dans tout le pays.
Le poivre noir, l’autre produit naturel de la Likouala
Le poivre noir de la Likouala est « totalement
naturel ». Il pousse à l'état sauvage et est cueilli, d'octobre à décembre, dans la forêt, « sur des lianes
gigantesques qui grimpent le long des arbres en direction de la canopée ». Ces lianes rampantes peuvent dépasser les 20 m de long. Localement, il est dénommé ndongo bela, poivre des gorilles
ou piper guineense en latin. Cette
épice est d’autant plus recherchée par les grands chefs de la cuisine qu’elle
rehausse les plats cuisinés pour lesquels ils veulent se surpasser et se
distinguer. Et pour cause, le poivre de la Likouala a des vertus propres qui ne
peuvent que régaler les hommes et les
femmes aimant bien manger ou sublimer leurs plats, ici et là-bas. Non seulement
cette épice « supporte bien la cuisson », mais encore elle
« s’accorde à merveille aux plats en sauce voire même à certains desserts
(fruits rouges, chocolat) ». Elle s'avère un peu piquant en bouche, mais encore, selon les spécialistes, il parvient à libérer au nez " de notes épicées, fruitées et mentholées". Il est classé entre le poivre sauvage de Madagascar, qui a la réputation d'avoir une saveur épicée, et le poivre de Cubèbe, pour sa fraîcheur en bouche. Au final, le poivre noir de la Likouala a sa particularité propre, puisqu'il apparaît aux yeux de tous comme « rond,
foncé et à queue ». De plus, il supporte bien la cuisson, qu'il soit entier ou concassé. Il est désormais conditionné selon plusieurs formats : 50 g, 100 g, 250 g, 500g et 1000 g. Il est vendu entre 11,50 € les 50 g et 228 € le kilo. On le trouve de plus en plus en France dans les magasins
spécialisés comme : Hop Voilà, Pomme d'Ambre, Poivre et Miel (P&M), Bien Manger, Epices Max Daumin, etc.
MATIERES PREMIERES
L'or
Le cours de l'or a atteint un sommet le 26 septembre 2024, se négociant à près de 2685 dollars (2406 euros), l'once de 31 grammes, sur le marché boursier ! Deux explications à cette hausse du cours de l'or : d'une part, les tensions mondiales actuelles (guerre russo-ukrainienne, conflit israélo-palestinien et au Proche-Orient, tensions en mer de Chine, etc.) ; et d'autre part, la recherche par tous d'une valeur refuge pour faire face à l'incertitude économique dominante.
L'argent
Le cours de l'argent aussi est en hausse, sans jamais atteindre les performances de l'or. Si en 2011, il avait atteint son plus haut niveau, à 50 dollars l'once, il avait fini par dégringoler en 2012 à moins de 30 dollars l'once. Mais, voilà, le 23 septembre 2024, son cours a grimpé à 32,7 dollars l'once, soit une progression de 37 % depuis janvier 2024.
Le café
Le 30 septembre 2024, la hausse du cours du café robusta a fait sensation sur le marché boursier. En effet, à la Bourse de Londres, la tonne de café robusta a été négociée autour de 5 500 dollars ! Or, c'est une variété qui est moins prisée par les Consommateurs occidentaux que l'arabica, dont le cours a également connu une hausse en même temps. A tout le moins, la flambée du cours du robusta est due, en grande partie, à la dégradation des conditions climatiques un peu partout dans le monde : extrême sécheresse au Brésil le premier pays producteur mondial de café ; vagues de chaleur et manque d'eau au Vietnam, le pays où le robusta est roi. A cela, s'ajoute le report, à la fin de l'année 2025, de l'entrée en vigueur dans l'Union Européenne de la directive anti-déforestation.




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