FLAMBEE MONDIALE DU COURS DU CACAO
Le 18 décembre 2024, le cours de la fève du cacao a flambé à New York en atteignant les 12 636 dollars (12117 euros) la tonne, soit une hausse spectaculaire de 180 % par rapport à janvier 2024 ! En février de la même année, il était de l'ordre de 6000 dollars la tonne avant de flirter avec les 12000 dollars la tonne en avril 2024.
Une telle hausse du cours du cacao trouve bien quelques explications. La première tient à l'observation une baisse de la production dans les principaux pays producteurs, notamment la Côte d'Ivoire et le Ghana. Or, ces deux pays assurent entre près de 60 % de la production mondiale de cacao. Les cultures de cacao y sont confrontés à deux fléaux majeurs et décourageants : le trop plein de pluies à l'origine de maladies fongines de la cabosse boire et l'excès de vents desséchants, notamment l'Harmattan. Résultat : le Ghana, qui espérait une production de 650 000 tonnes, ne peut plus que tabler sur une production de 617 000 tonnes. Pour la Côte d'Ivoire, on mise sur 1,9 million de tonnes alors que le pays espérait 2,1 à 2,2 millions de tonnes de fèves de cacao.
Comme deuxième explication à la la hausse du cours du cacao, on peut avancer la spéculation liée à la peur de manquer de cette denrée précieuse. Et cette peur est alimentée par le détournement des producteurs africains vers d'autres cultures comme l'hévéa et le palmier à huile. En 2024, le Gouvernement ivoirien a tenté revaloriser le prix du kilo du cacao : de 1000 F CFA (1,5 €), il est monté à 1800 F CFA (2,7 €). Malgré tout, le moral des producteurs est en berne vu les difficultés à mener une activité agricole rentable et tenable.
Flambée des cours du café
La Brésil, premier producteur mondial d'arabica, a vu, au printemps 2021, ses vergers de café être attaqués par la gelée. Et, depuis lors, les incidents climatiques n'ont cessé en 2022, puis en 2023 comme en 2024, de dégrader la production de café arabica, au point d'en perturber les récoltes. Quant au Vietnam, grand producteur de robusta, il a également été confronté en 2024 à la baisse des récoltes inhérente aux changements climatiques. Résultat : depuis janvier 2023 jusqu'au début de juin 2025, les prix de l'arabica et du robusta ont flambé considérablement : 190 % pour le premier contre 263 % pour le second. La spéculation a aussi une large part de responsabilité dans cette hausse des prix, comptant pour 75 % des volumes en Bourse.
16 septembre 2025.- Le cours de l'arabica a connu une nouvelle flambée en séance, à la Bourse de New York. Il est remonté à 4,22 dollars la livre (3,60 euros), approchant son niveau historique de février 2025 où il était à 4,229 dollars la livre. Tout cela est nourri par les craintes d'une baisse des prochaines récoltes en Amérique latine (au Brésil surtout) et en Afrique tropicale (en Côte d'Ivoire). Si le Président TRUMP a accru la pression spéculative en menaçant d'imposer des taxes douanières au taux de 50 % ! Mais le Washington Post a fait état d'une décision probable de la justice américaine relative à l'exonération de tels droits pour le café et ses dérivés aux USA. Cela a suffi pour faire baisser la pression et la tension. Quant au robusta, dont le Vietnam est le premier producteur mondial, la tombée de pluies abondantes permet d'espérer prochainement une meilleure récolte. En attendant, son cours aussi reste à la hausse, dans la foulée de la spéculation mondiale sur ces cultures de rente.
REFLUX DU COURS DU SUCRE
En février 2025, le cours du sucre a connu une légère envolée, en repassant à 20 centimes d'euros la livre. Un an plus tôt, il s'était déprécié de 13 %, bien que la surface de racines sucrées ait augmenté de 8 %, atteignant le seuil de 400 000 ha. En 2023, le sucre était écoulé à 55 euros la tonne pour baisser dans l'Union Européenne à 45 euros la tonne durant la campagne 2024-2025. Le soutien à l'Ukraine, à l'épreuve de la guerre contre la Russie, a pu peser sur le marché : en 2022, l'U.E avait autorisé Kiev à exporter sur son marché 20 000 tonnes de sucre de betterave ; puis, en 2023, le volume des exportations ukrainiennes de sucre a augmenté massivement à 500 000 tonnes. Mais, la pression des sucriers européens sur la Commission européenne de Bruxelles a pu freiner les exportations ukrainiennes, celles- ci descendant à 270 000 tonnes en 2024. Ce qui a évité la déstabilisation du marché européen du sucre. Mais, l'accord de libre-échange passé entre l'Union Européenne et le Mercosur devrait permettre le déversement sur le marché européen de 190 000 tonnes supplémentaires de sucre, au risque de fâcher les sucriers européens.
BOND DU COURS MONDIAL DE L'OR
Fin janvier 2025.- L'once d'or de 31 grammes s'est négocié à 2800 dollars (2700 euros) en séance, une barre déjà tutoyée en octobre 2024. Depuis le début de l'année, l'once d'or a progressé de plus de 9 %, ce à la suite d'un bond spectaculaire de 23 % en 2024 !
5 février 2025.- L'once d'or atteint le seuil de 2880 dollars, toujours en séance. Cette hausse ne fait que renforcer la statut de valeur refuge de l'or dans une conjoncture économique menacée par la hausse des droits de douane que l'administration TRUMP entend impulser dans sa guerre commerciale contre la Chine, le Canada, le Mexique, l'Union Européenne, etc.
BOND DU COURS MONDIAL DE L'ARGENT
Février 2025.- Depuis le début de l'année, le cours de l'argent a bondi de 11 %, l'once se négociant à plus de 32 dollars. C'est bien loin de son niveau record de 2011, à 50 dollars.
FRANCE : POULET ELEVE EN PLEIN AIR CONTRE POULET STANDARD
Octobre 2025.- Le poulet élevé en plein air retrouve des couleurs sur le marché alimentaire français, au détriment du poulet dit standard, élevé lui dans des grands bâtiments. A cause de la flambée du cours du blé (et des autres céréales) consécutive à la guerre russo-ukrainienne déclenchée en février 2022, les prix des deux poulets s'étaient envolés. La conséquence a été la non-consommation de ces produits par les Français, leur porte-monnaie étant entamée par la montée de l'inflation. Mais, l'effondrement des cours des céréales, et notamment du blé (chute à 200 euros la tonne), a réduit considérablement le coût de l'alimentation pour l'élevage de la volaille. Ainsi, le poulet élevé en plein air et de marque Label Rouge est vendu en moyenne à 6,90 € le kilo, et donc moins chef que le poulet standard découpé ! Et les ventes du poulet plein air ont progressé de 4 % en 2024 et de 5 % depuis le début de l'année 2025 ! Du coup, les quelque 6 000 agriculteurs en polyculture élevage qui produisent les poulets label rouge peuvent désormais retrouver la confiance et le sourire. De plus, la Commission européenne, en publiant la nouvelle mouture des normes de commercialisation du poulet, n'a pas porté atteinte aux labels de qualité développés par la France : poulet fermier élevé en plein air et poulet fermier élevé en liberté. Malgré tout, les producteurs de poulets de plein air se sentent toujours menacés. Le prix ici demeure "le critère numéro un dans l'acte d'achat, le reste c'est de la belle histoire que l'on veut se raconter". Selon Benoît DROUIN, Président du Syndicat national des Labels avicoles de France (SYNALAF) : "sur 800 millions de poulets produits par an en France, seuls 100 millions sons sous un signe de qualité, dont 90 millions en label rouge et 10 millions certifiés bio. Et, le poulet de Bresse constitue le haut du panier ; il est produit en série limitée sous appellation d'origine contrôlée. Il y a aussi la grippe aviaire à prendre en compte, une menace qui a contraint les aviculteurs français à "cloîtrer leur volaille"!
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